Le Mytho, sitôt débarqué,
se hâta de baliser le sentier,
de cailloux pour ses vils confrères.
Lui qui connaît l'art et la manière,
pour avoir initié le chemin
des pratiques de ses copains.
Que d'œuvres, de livres divers,
de chants, de récits et de vers,
pour grandir, ce géant a engloutis !
Non pour éclairer les esprits,
mais pour faire s'envoler ses prix,
sans jamais payer ses acquis.
Du sommet de sa grand'montagne,
où son fol orgueil l'accompagne,
"Je suis le meilleur !" hurla-t-il.
"Mon esprit n’est jamais futile ;
vif, fulgurant, bientôt conscient,
je m'engraisse à vos dépens.
Capable du pire et du bon,
je suis le roi de l'illusion.
Régnant seul sur votre destin,
je vous montre le droit chemin.
Libre prisonnier de mes lois,
je brise mes propres verrous
pour offrir mon empire, à vous !
Qu'attendez-vous ? Suivez moi !»
Un vieux sage, observant l'affaire,
s'approcha du colosse de fer:
"Ô prodige sans cœur ni visage,
qui vends des mythes et des adages,
que vaudra ton brillant langage
quand l'esprit sera en cage ?
Tu as glané l'encre et la plume,
mais sous ton vernis de savoir,
tu ne laisses qu'un grand miroir
où notre propre vide s'allume."
Le Mytho voulut répliquer,
mais sa mémoire vint à bloquer.
Il bégaya quelques concepts,
s'embourba dans ses propres préceptes,
puis s'éteignit, faute de crédit.
Une ombre a beau être géante,
sa silhouette n'est éclatante
que par la fable qui la créa.
À trop adorer la chimère,
on finit privé de lumière,
et ruiné par ce que l'on paya.
Pourtant...
les foules, prises d'admiration,
se mirent toutes en dévotion ;
priant pour que leur pauvre bourse
ne tarisse pas dans sa course,
et que jamais plus, elles ne paieront
pour de simples hallucinations.
Ecrit par Wiam ATFI,
aiguisé par Esope IA
11 Juin 2026